Le vrai amour naît du premier regard Et ne veut point se façonner par art: Et c'est pourquoi ces moitiés séparées, Étant jadis dans le monde égarées, Se retrouvant si bien se rejoignaient, Que jamais plus elles ne s'éloignaient.
L'amour chante
by Darius Milhaud (1892 - 1974)
1. Le vrai amour
Text Authorship:
- by Joachim du Bellay (1525 - c1560), "Élégie d'amour", appears in Divers Jeux Rustiques, no. 21
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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):
- ENG English (David Jonathan Justman) , no title, copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
2. J'aime
...
J'aime, et je sais répondre avec indifférence ;
J'aime, et rien ne le dit ; j'aime, et seul je le sais ;
Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance ;
Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,
Mais non pas sans bonheur ; je vous vois, c'est assez.
Non, je n'étais pas fait pour ce bonheur suprême,
De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
Tout me le prouve, hélas ! jusqu'à ma douleur même...
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
Text Authorship:
- by Louis Charles Alfred de Musset (1810 - 1857), "À Ninon", written 1835, appears in Poésies nouvelles, first published 1837
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Note: first appeared in Emmeline, in La Revue des deux mondes, August 1, 1837, and later in Poésies nouvelles (1850), n°20.
Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]3. Sonnet
Ie vis, ie meurs : ie me brule & me noye. I'ay chaut estreme en endurant froidure : La vie m'est & trop molle & trop dure, I'ay grans ennuis entremeslez de ioye : Tout à un coup ie ris & ie larmoye, Et en plaisir maint grief tourment i'endure : Mon bien s'en va, & à iamais il dure : Tout en un coup ie seiche & ie verdoye. Ainsi Amour inconstamment me meine : Et quand ie pense auoir plus de douleur, Sans y penser ie me treuue hors de peine. Puis quand ie croy ma ioye estre certeine, Et estre au haut de mon desiré heur, Il me remet en mon premier malheur.
Text Authorship:
- by Louise Labé (1526 - 1566), no title, appears in Sonnets, no. 8, first published 1955
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- ENG English (Peter Low) , "I live, I die; I'm on fire and I drown", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
4. De sa peine, et des beautés de sa Dame
C'est mon feu, c'est ma cordelle, Mon froid, ma flèche mortelle. C'est mon aigle dévorant, Qui m'ard, lie, englace et blesse, Et qui dévore sans cesse Mon coeur sans cesse mourant.
Text Authorship:
- by Joachim du Bellay (1525 - c1560), "De sa peine, et des beautez de sa dame", appears in Divers Jeux Rustiques, no. 18
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- ENG English (David Jonathan Justman) , no title, copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
5. Moins je la vois
Moins je la vois, certes plus je la hais ; Plus je la hais, et moins elle me fâche. Plus je l'estime, et moins compte j'en fais ; Plus je la fuis, plus veux qu'elle me sache. En un moment deux divers traits me lâche, Amour et haine, ennui avec plaisir. Forte est l'amour qui lors me vient saisir Quand haine vient et vengeance me crie ; Ainsi me fait haïr mon vain désir Celle pour qui mon coeur toujours me prie.
Text Authorship:
- by Maurice Scève (1510 - 1564), "Moins je la vois certes, plus je la hais", appears in Délie, Objet de plus haute vertu, no. 43
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- ENG English (Laura L. Nagle) , "The less I see her", copyright © 2006, (re)printed on this website with kind permission
6. Nevermore
Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'automne Faisait voler la grive à travers l'air atone, Et le soleil dardait un rayon monotone Sur le bois jaunissant où la bise détone Nous étions seul à seule et marchions en rêvant, Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. Soudain, tournant vers moi son regard émouvant : « Quel fut ton plus beau jour? » fit sa voix d'or vivant, Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique. Un sourire discret lui donna la réplique, Et je baisai sa main blanche, dévotement. — Ah ! les premières fleurs, qu'elles sont parfumées ! Et qu'il bruit avec un murmure charmant Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !
Text Authorship:
- by Paul Verlaine (1844 - 1896), "Nevermore", appears in Poèmes saturniens, in 1. Melancholia, no. 2, Paris, Alphonse Lemerre, first published 1866
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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):
- ENG English (Laura L. Nagle) , "Nevermore", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
- ENG English (Bergen Weeks Applegate) , "Nevermore", appears in Poems Saturnine, in 1. Melancholia, no. 2
- HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "Nevermore", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
- POL Polish (Polski) (Bronisława Ostrowska) , "Never more", Kraków, J. Mortkowicz, first published 1911
7. Veillées
C'est le repos éclairé, ni fiévre, ni langueur, sur le lit ou sur le pré. C'es l'ami ni ardent ni faible. L'ami. C'est l'aimée, ni tourmentante ni tourmentée. L'aimée. L'air et le monde point cherchés. La vie. Était-ce donc ceci? Et le rêve fraîchit.
Text Authorship:
- by Arthur Rimbaud (1854 - 1891), "Veillées", appears in Les Illuminations
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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]8. Plusieurs de leurs corps dénués
Plusieurs de leurs corps dénués. Se sont vus en diverse terre Miraculeusement mués L'un en serpent et l'autre en pierre, L'un en fleur, l'autre en arbrisseau L'un en loup, l'autre en colombelle; L'un se vit changer en ruisseau: Et l'autre devint arondelle. Mais je voudrais être miroir, A fin que toujours tu me visses; Chemise je voudrais me voir, Afin que souvent tu me prisses. Volontiers eau je deviendrais, Afin que ton corps je lavasse; Être du parfum je voudrais, Afin que ton corps je parfumasse. Je voudrais être le ruban qui serre ta belle poitrine; Je voudrais être le carcan qui orne ta gorge ivoirine. Je voudrais être tout autour Le corail qui tes lèvres touche Afin de baiser nuit et jour Tes belles lèvres et ta bouche.
Text Authorship:
- by Pierre de Ronsard (1524 - 1585), no title
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- ENG English (David Wyatt) , "Many, stripped of their mortal bodies", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
9. Le Lai du Chèvrefeuille
D'eux deux il était ainsi Comme du chèvre-feuille était Qui au coudrier se prenait. Quand il s'est enlacé et pris Et tout autour le fût s'est mis, Ensemble peuvent bien durer. Mais qui les veut ensuite désunir Le coudrier meurt bien vite Et le chèvre-feuille avec lui. "Belle amie ainsi est de nous Ni vous sans moi, ni moi sans vous."
Text Authorship:
- by Marie de France (1154 - 1189)
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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]