Je m'étais endormi, et je rêvais qu'une caravane exténuée traversait un désert, où je la guidais. Et qu'un fabuleux mirage surgissait devant nous, et que ce mirage était toi-même, avec les lacs de tes yeux et les vergers de ton corps. Et que tu t'élançais vers moi, et que mes compagnons, désespérés, se couchaient pour mourir. Je viens de prononcer ton nom, afin de recommencer ce rêve... Hélas! on ne voit jamais deux fois le même mirage.
Six poèmes arabes
Song Cycle by Louis Aubert (1877 - 1968)
1. Le mirage  [sung text not yet checked]
Text Authorship:
- by Franz Toussaint (1879 - 1955), "Mirage", appears in Le jardin des caresses, no. 14, Paris, Éd. H. Piazza, first published 1911
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Confirmed with Franz Toussaint, Le jardin des caresses, L'édition d'Art H. Piazza, p.19
Researcher for this page: Joost van der Linden [Guest Editor]
2. Le vaincu  [sung text not yet checked]
Je ne veux que te meurtrir de caresses, et je n'en désire aucune. Je ne veux qu'écouter la mer dans tes mains creuses, puis mettre tes mains sur mes yeux comme de la nuit. Je ne veux que m'éblouir de nostalgie en soutenant ton regard. Je ne veux qu'entendre ta voix, qui me rappellera les voix des femmes de mon pays, lorsque j'étais le seigneur de leur sillage. Je ne veux que caresser sur ton corps des souvenirs et des regrets. Et si je baise tes lèvres, leur suc me sera très amer. Mais j'ai baisé tes lèvres, et leur suc m'a enivré. J'ai caressé ton corps, et ma main tremblait. J'ai entendu ta voix, et les voix des femmes de mon pays n'étaient plus qu'une musique barbare. J'ai soutenu ton regard, et j'ai baissé les yeux. J'ai écouté la mer dans tes mains creuses, et cet océan m'a submergé.
Text Authorship:
- by Franz Toussaint (1879 - 1955), "Le vaincu", appears in Le jardin des caresses, no. 111, Paris, Éd. H. Piazza, first published 1911
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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]3. Le visage penché
Reste ainsi, penchée sur ton cœur Tes paupières sont deux pétales de clématite Que l’été aurait pâlies, Et je ne vois de tes lèvres qu’une longue framboise. Reste ainsi. Une mèche de tes cheveux A glissé sur ton front, comme une hirondelle apprivoisée Se poserait sur un coffret d’ivoire, Et je ne sais si ce poudroiement vermeil est ta joue. La clématite s’est repliée : Pourquoi m’as-tu regardé ? L’hirondelle s’est envolée : Pourquoi as-tu refoulé ta mèche ? La framboise s’est déchirée : Pourquoi m’as-tu souris ?
Text Authorship:
- by Franz Toussaint (1879 - 1955), "Le visage penché", appears in Le jardin des caresses, no. 111, Paris, Éd. H. Piazza, first published 1911
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Research team for this page: Emily Ezust [Administrator] , Joost van der Linden [Guest Editor]4. Le sommeil des colombes
Dans le cèdre, des colombes se sont posées pour la nuit. Longtemps hésitantes, elles avaient tournoyé au-dessus de l'arbre solitaire. Maintenant elles vont s'endormir. Comme chaque nuit, au sommet de la plus haute branche, un rossignol chantera. Ainsi je berce souvent ton sommeil de paroles d'amour. Je crois que le même instinct guide les colombes et les jeunes filles vers les jardins où chantent les rossignols.
Text Authorship:
- by Franz Toussaint (1879 - 1955), "Le sommeil des colombes", appears in Le jardin des caresses, no. 5, Paris, Éd. H. Piazza, first published 1911
Based on:
- a text in Arabic (العربية) by Anonymous/Unidentified Artist [text unavailable]
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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]5. L'adieu  [sung text not yet checked]
Quand, pour me faire ce geste, tu as passé la main à travers le grillage de ta fenêtre, toute la vie de mon corps s'est arrêtée. Ni la fleur du magnolia, ni la neige de la montagne, ni le marbre, ni le jasmin, ne sont plus blancs que tes doigts où tes ongles brillaient comme des flammes. A mes compagnons qui s'étonnaient de sentir une odeur délicieuse, j'ai dit : « C'est le bras de ma bien-aimêe, ce sont les roses de ses ongles qui ont embaumé le carrefour... Que la bénédiction de Dieu soit sur cette demeure où ma bien-aimée est prisonnière ! » Et mes compagnons s'attristèrent, et mon cheval se mit à hennir, car l'arôme du bras de ma bien-aimée lui rappelait le parfum des grandes plaines qui sont au-delà de la mer.
Text Authorship:
- by Franz Toussaint (1879 - 1955), "L'adieu", appears in Le jardin des caresses, no. 33, Paris, Éd. H. Piazza, first published 1911
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Confirmed with Franz Toussaint, Le Jardin des caresses, H. Piazza, Paris : 1921, p.36
Researcher for this page: Joost van der Linden [Guest Editor]
6. Le destin
L'amour de la femme Est l'ombre d'une palme sur le sable. L'amour de l'homme Est le seul simoûn Qui puisse briser cette palme Et fixer ainsi son ombre. Messaouda ! dans la nuit de ton sépulcre Souviens-toi du jardin solitaire Où je t'ai conduite un jour ! C'était un jardin entre des murailles Si hautes que les cimes de ses arbres Ne les depassaient point. C'était un jardin serti Dans des murailles blanches, Comme une émeraude cachée Dans une fleur de magnolia. Messaouda ! souviens-toi du matin paisible Où tu t'es courbée sous mon amour, Comme une palme sous le simoûn : Mais, à force de souffler, Le simoûn recouvre de sable Le rameau qu'il a brisé. Ô ma longue palme, Que le sable du cimetière Soit léger sur ton sépulcre.
Text Authorship:
- by Franz Toussaint (1879 - 1955), "Le destin", appears in Le jardin des caresses, no. 13, Paris, Éd. H. Piazza, first published 1911
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Research team for this page: Emily Ezust [Administrator] , Joost van der Linden [Guest Editor]